« L’armée et l’Eglise pendant la guerre de Succession d’Autriche : les campagnes de Flandre (1744-1748) vues du côté français »

Article publié dans :

Laurent Jalabert et Stefano Simiz (dir.), Le soldat face au clerc. Armée et religion en Europe occidentale (XVe - XIXe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 145-159.

 

Résumé introductif :

Au milieu du XVIIIe siècle, à l’époque de la guerre de Succession d’Autriche, l’encadrement religieux des soldats de l’armée française était médiocre. Il y a toutefois un domaine où la pratique, ritualisée, resta exacte tout au long de cette guerre, c’est celui des cérémonies religieuses liées aux victoires militaires et à la guerre en général, à la fois sur le théâtre des opérations et dans les diocèses de France (notamment les Te Deum). La monarchie était attachée à ces pratiques parce que c’était la nature même du pouvoir politique qui était en jeu. Les deux premières parties de l’article présentent une synthèse solide, appuyée sur des exemples, du volume, et des modalités concrètes et détaillées de ces cérémonies. La troisième partie met en lumière une autre constante de cette guerre, comme d’autres guerres : le poids humain et financier, direct ou indirect que la guerre exerça sur l’institution ecclésiale, à la fois sur les Eglises locales en territoire conquis, et sur l’Eglise de France. Pour mener l’enquête que propose cet article, les campagnes de Flandre ont trois avantages : ce furent, d’abord, des campagnes victorieuses et elles furent menées, en grande partie, en présence du roi à l’armée. Ce sont deux facteurs grâce auxquels put se déployer la magnificence des célébrations religieuses à l’occasion des événements militaires. Enfin, ces campagnes marquèrent la fin de la guerre, ce qui permet de prendre de la hauteur sur la charge financière portée par l’Eglise durant le conflit.