« Les hussards de Beausobre et la petite guerre »

 

Article publié dans :

Les armées et la guerre, de l’Antiquité à la Seconde guerre mondiale, n° 25 d’Enquêtes et Documents (publication périodique du C.R.H.M.A., Université de Nantes), Nantes, Ouest Editions, 1998, p. 167-184

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Résumé introductif :

A la date de parution de l'article, le régiment des hussards de Beausobre, au service de France (créé en 1743 et licencié en 1756), n'avait pas encore été étudié. Or, au vu des sources présentes au Service historique de la défense à Vincennes, les hussards de Beausobre sont parmi les corps de troupes qui ont été les plus actifs durant la guerre de Succession d'Autriche (la seule à laquelle ils ont participé) dans ce que l'on appelait alors « la petite guerre ».  L'article commence par présenter le régiment, l'origine géographique et régimentaire des recrues, et même la taille des hommes et des chevaux, qui était en débat dans la littérature militaire de l'époque. L'action du régiment est décrite à travers la campagne de 1746, celle où le commandant en chef de l'armée française, le maréchal de Saxe, utilisa au mieux la guerre de manœuvre et les harcèlements contre l'ennemi pour éviter la bataille. L'évocation chronologique des principales actions des hussards de Beausobre est l'occasion, périodiquement, d'une approche thématique complémentaire permettant de mieux cerner, notamment, la définition de la petite guerre, l'esprit du combat des troupes légères, la fréquence des engagements, le rôle du butin, la discipline, les pertes humaines, les effectifs commandés.

 

Une erreur de datation

La distinction entre régiments de hussards « hongrois » et régiments de hussards « allemands » dans l'armée française n'intervint que par une ordonnance du 30 novembre 1748. Elle n'existait donc pas encore en 1744 et1745, années envisagées entre autres ici dans mes réflexions sur le recrutement. Mais cela n'affecte pas la teneur générale desdites réflexions (basées sur des sources allant de 1744 à 1753) : dès la guerre de Succession d'Autriche en effet, il devint difficile de trouver assez de Hongrois pour compléter les régiments de hussards et les compagnies franches et il y avait forte concurrence entre les différents corps de troupes légères à cet effet. C'est même la raison pour laquelle, en 1748, on réserva le privilège de recruter des Hongrois prioritairement à quelques-uns des régiments, dits « Hongrois ». A défaut, on eut recours à des Allemands, des Alsaciens, des Lorrains... Voir mon article de 2002 sur les hussards hongrois du régiment de Beausobre, et celui de 2008 sur l'interdiction des officiers français dans les régiments de hussards.

 

Une information complémentaire (couleur de l'uniforme), issue de sources consultées postérieurement

La couleur bleu céleste est demandée expressément pour les uniformes de tous les régiments de hussards par l'ordonnance de 1744. Or, on lit dans mon article que, en 1747 encore, le comte de Beausobre n'avait pas obtempéré pour son régiment. Quelle était donc la couleur de l'uniforme de ses hussards, jusqu'en 1744 légitimement porté, et après 1744 en contravention à l'ordonnance ? On l'apprend dans le récit de ses campagnes fait par le comte de Beausobre lui-même et déposé aux Archives Cantonales Vaudoises (archives consultées à partir de 2001 sur la recommandation de M. Pierre Streit ; qu'il en soit ici encore remercié) : bleu de roi [La citation exacte est transcrite dans mon article de 2002 sur les hussards hongrois du régiment de Beausobre].