« De la petite guerre ‘à la hongroise’ à la petite guerre ‘à la française’ : le rôle moteur de la guerre de Succession d’Autriche »


Article publié dans :

Az értelem batorsaga. Tanulmanyok Perjés Géza emlékére (Mélanges offerts au Professeur Géza Perjés), Argumentum [Hongrie], 2005, p. 519-538.

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Résumé introductif :

En trois parties successives, cet article démontre en quoi la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748) est un pivot, au XVIIIe siècle, concernant la pratique de la petite guerre, et la réflexion à son sujet, d'abord du point de vue français, avec des prolongements en Europe. Premièrement, dans la première moitié du XVIIIe siècle, on assiste à un paradoxe, en France : les troupes ont remporté de nombreux succès de petite guerre pendant la guerre de succession d’Espagne, mais on ne croit pas vraiment à l’importance de ce style de guerre pour remporter une campagne militaire, et les troupes légères, spécialistes de la petite guerre, sont, de surcroît, mal vues. Deuxièmement, les choses changent au cours de la guerre de Succession d’Autriche : principalement à cause du choc des défaites françaises en 1742-1743 face aux irréguliers hongrois et croates au service de l’Autriche ; et grâce à l’intérêt de deux hommes pour la petite guerre et les troupes légères, le secrétaire d’Etat de la guerre (comte d’Argenson) et le maréchal de Saxe. La troisième partie détaille successivement : le rôle des Français comme initiateurs d’une pensée sur la petite guerre en Europe, dans la deuxième moitié du siècle ; les atouts des Français pour la petite guerre, selon les auteurs du temps ; et l’adaptation de la petite guerre des Français aux conditions géostratégiques, en Flandre, entre 1744 et 1748.

Cet article est l’occasion de mettre en valeur :

  • Certains des aspects novateurs de mon livre sur la petite guerre au XVIIIe siècle (2010) – la pensée militaire du comte d’Argenson ; la notoriété comparée des traités de petite guerre en France et en Europe ; l’analyse de la place décroissante accordée aux Hongrois dans la pensée sur la petite guerre ; l’étude régimentaire d’un corps de troupes légères français célèbre, les Grassins ; l’emploi de l’artillerie à la petite guerre.
  • Des éléments de démonstration inédits, non présents dans mon livre sur la petite guerre – un éclairage sur la guerre austro-turque de 1737-1739 ; la pensée militaire du marquis de Breteuil, secrétaire d’Etat de la guerre, à travers sa correspondance de 1742 ; enfin, la réflexion de Beausobre, colonel des hussards à son nom, sur ce qu’il appelle les ‘irruptions’, à considérer (ce qui est rare dans les écrits militaires de cette époque), comme une réflexion sur le niveau opératif de la petite guerre, en prenant appui sur le théâtre d’opérations de Flandre.